La cinquantaine, le cheveux grisonnant, Thierry Le Goffic, fait parti des chauffeurs de bus de Lannion. Il exerce ce métier depuis 1993 et des changements, il en a connu. Le dernier en date, c’est le plan de déplacement de Lannion Trégor Agglomération (LTA), qui chamboule un peu les pratiques de la profession.

En grimpant dans la ligne C à 12h20, au niveau de l’IUT, Thierry m’accueille en souriant, un peu étonné que je veuille faire un portrait sur lui et son métier. On se tutoie directement, Thierry a l’air d’aimer rigoler. Il s’est dirigé par hasard vers ce métier, en répondant à une annonce. Aujourd’hui, après vingt ans de conduite dans les bus, il semble aimer son métier. Le seul problème en ce moment c’est le plan de déplacement de LTA qui modifie les horaires et les trajets des bus.

Comme pour tout, Thierry est conscient qu’il faut un temps d’adaptation, mais là, il est un peu « paumé », « il y a des arrêts, comme celui de l’IUT, qui ont disparu, alors qu’il était très bien là, pour les étudiants c’est pas facile » commente Thierry. Ses horaires à lui sont aussi plus compliquées qu’avant, il est souvent décalé « Lannion est une petite ville, donc le fonctionnement des bus est forcément particulier ». Personne ne montera dans le bus, durant notre entretien, « c’était prévisible, les gens mangent, tous les jours, la ligne est vide ».

Cela ne l’empêche pas d’être vigilent et courtois sur la route. Il m’informe que le plus important dans ce boulot c’est d’être en bonne condition physique, même si les horaires sont difficiles et que la fatigue l’emporte parfois, « on est pas des robots, on est que des êtres humains » plaisante-t-il.

Et c’est justement ce côté humain que Thierry aime dans son métier, cette dimension sociale. Les usagers n’ont pas le droit de lui parler, mais des conversations se tissent au fil des voyages. « Avant, les gens parlaient plus, j’étais plus proche d’eux, maintenant, tout va plus vite, la société, le monde, l’économie, ça file et ça se ressent sur les gens, ils parlent moins ».

Mais bon, Thierry a la joie de vivre, peu importe qui il transporte, l’important c’est d’emmener les gens à bon port. Il est 13h, son service est terminé pour la journée. Arrêt demandé, ouverture des portes, je descends, saluant un Thierry toujours souriant.