De gauche à droite, Nelly Maillaud, directrice pédagogique, Julien, un ancien élève et Solène, la comptable de l'auto école.

Sortie des sentiers battus, l’auto-école sociale de Lannion permet à des personnes en difficulté de passer leur permis de conduire pour une somme modique. Chaque élève progresse à son rythme et suivant ses difficultés. Obtenir le permis : une passerelle vers l’emploi.

L’auto-école ouest Côtes d’Armor mobilité (ocam) a été crée en 2007 par la mission locale de Lannion. Elle prépare chaque année entre cinquante et cent élèves à l’examen du permis de conduire à moindre coût. Avoir le précieux sésame rose pour accéder à l’emploi et « sortir du cercle vicieux », comme l’explique Julien, un ancien élève. Depuis qu’il est titulaire du permis, il a suivi une formation et a trouvé du travail. L’auto-école accueille jeunes et bénéficiaire du RSA. Une fois le permis en poche, « ils peuvent suivre une formation », confirme Alain Ernot, directeur de la mission locale de Lannion.

Des résultats plus qu’encourageant

100% de réussite au code, autour de 70% pour l’examen pratique. L’auto-école sociale a très vite fait ses preuves. La pédagogie est adaptée à public en difficulté : barrière de la langue pour les étrangers, sortie rapide du circuit scolaire, absence de diplôme.

L’accompagnement

Les élèves viennent quatre matinées par semaine au code. Dessiner les panneaux, schématiser les situations pour mieux les comprendre mais surtout les apprendre. La présence de l’enseignant et sa disponibilité est la clef de réussite de l’auto-école.

Prendre le temps

« Faire passer les élèves quand ils sont prêts », telle est la politique de l’auto-école confie Nelly Maillaud, la directrice pédagogique. Elle s’est lancée dans une « une aventure humaine plus que pédagogique : leur redonner confiance en eux pour qu’ils réussissent », explique t-elle souriante. « J’étais terrorisée à l’idée de conduire, confie Magdalena, une ancienne élève. Mon père est décédée dans un accident de voiture. Aujourd’hui, je n’ai plus peur », conclut-elle. Il s’agit pour Nelly de comprendre les histoires de chacun et leurs problèmes pour mieux y pallier.

150 euros pour l’inscription et 30 euros par mois jusqu’à obtention du permis. Outre son coût modique par rapport aux auto-écoles traditionnelles, l’ocam réconcilie ses élèves avec leurs angoisses.