La vie d’un panneau c’est bateau. Elle est souvent calme, paisible et tranquille, posé le long d’une route. Mais, autour d’une signalisation on retrouve des hommes, comme Christian « le poseur de panneaux », Kaou « le déboulonneur de panneaux » et le commandant Thiennot « le protecteur de panneaux ». Des vies différentes qu’un seul objet réuni : le panneau de signalisation.

Christian : « poseur de panneaux »

Poser un panneau n’est pas un jeu d’enfant. Christian en a fait son métier ; il travaille au conseil général des Côtes d’Armor et est spécialiste dans la pose de panneaux routiers, de toutes tailles, de toutes formes, de toutes indications, et de tous prix. « Pour un panneau « stop » simple sans supports : c’est 50€, mais avec le support et les travaux autour ça revient à 700€ l’unité. Pour une paire de potences d’autoroute ça atteint les 55 000€. Au total, on a un budget annuel de 600 000 € juste pour les panneaux routiers de signalisation du département ».

Attention : mathématiques pour panneaux

Ces chiffres faramineux, pour des panneaux, montre le travail autour d’une simple signalisation. « Dés le départ on s’appuie sur le schéma départemental de signalisation, commence t-il sur un ton passionné, on classe les agglomérations selon le nombre d’habitants résidents, le nombre de services tertiaires et secondaires. Au-dessus du 2ème niveau les panneaux sont verts, comme Lannion par exemple ou St-Brieuc. »

En fonction de ce classement les villes sont indiqués de manières différentes, pour être sûr de ne pas se tromper le mieux est de se reposer sur les maths. « On calcule l’éloignement entre deux villes on divise la distance par quatre qu’on pondère par la vitesse moyenne, si il y a des zones à 70km/h par exemple. Après, si le résultat est égal ou inférieur à deux fois le niveau de la ville la plus proche : on indique ». Lumineux. Une fois le résultat obtenu, il reste à calculer la vitesse moyenne pour connaître la hauteur du poteau, à relever la vitesse du vent pour enfoncer plus ou moins le panneau dans le sol. Laisser sécher une semaine et c’est prêt.

Kaou : « déboulonneur de panneaux »

Les panneaux : un enjeu politique. Les militants pour le breton d’Aï’ta, comme Kaou An Dave, ont fait des panneaux leur cible de prédilection. Une des dernières méthodes testée consiste à démonter les panneaux. Chapeau monté sur la tête et chemise de bucheron, autour d’un verre au bar des Valseuses, Kaou nous explique l’importance du bilinguisme sur les panneaux.

Kaou An Dave au premier plan avec un des panneaux, démonté et recouvert de stickers. Le 26 novembre sur la RN 12. Crédits Photos : Le Télégramme.fr

Commandant Thiennot : « protecteur de panneaux »

Au Rwanda les forces de l’ordre sont mobilisés pour protéger les panneaux routiers. En France, dans le Trégor, à la brigade de Lannion, le commandant Thiennot n’en est pas encore là. Pour lui, le vol de panneau reste marginal. Explication des risques pour dégradation ou vol de biens publics.

Tudi Crequer