Elle s’habille avec deux manteaux, plus des gants et une écharpe. Un chapeau l’aide a composer son look. Ana Lucia Medeiros est brésilienne et a choisi habiter à Lannion pour finir sa thèse de doctorat. Elle a une voiture, mais depuis 3 mois elle a décidé de laisser le véhicule au garage et a adopté le vélo comme principal moyen de transport. Ni le froid et ni la pluie ne la font changer d’avis. “Ce style de vie faisait partie de mon rêve”, confie la chercheuse.

L’usage de la bicyclette à Lannion a été une alternative efficace pour ceux qui souffrent avec l’absence de transport public ou qui veulent avoir habitudes plus saines. La ville se distingue par le nombre de pistes et bandes cyclables. Il y a environ 0,44 mètres pour chaque habitant, alors que la moyenne nationale n’est que de 0,30 mètres, selon les chiffres de 2008 du Club de Villes et Territoires Cyclables.

Centimètres de piste cyclables par habitant

Malgré ça, les pistes cyclables sont encore peu exploitées par les résidents. Et pour inciter l’usage du vélo comme un moyen de transport utilitaire, le groupe des cyclistes militants a créé l’association Trégor Byciclette. Selon François Losfeld, l’un de ses membres, l’association a commencé en 2005 et a été la première de la région du Trégor à lutter pour l’insertion du vélo dans les habitudes quotidiennes des gens.

Pour lui, le Trégor a encore quelques lacunes dans l’usage adéquat de ce véhicule, mais il n’existe pas secret pour le développer. “Il n’y a pas besoin de pistes pour faire du vélo, mais des aménagements peuvent inciter. Nul besoin d’aménagements spéciaux, mais les vélos doivent être inclus dans les projets d’aménagement des routes”, ajoute-il.

François a débuté le vélo il y a 15 ans, en allant au travail l’été. Avec le temps, il s’est habitué et depuis sept ans, il l’utilise presque tous les jours. “Parfois je viens en voiture au travail à cause des réunions parce que je dois rentrer tard”, explique-il. Les côtes raides de la ville rendent l’utilisation de la bicyclette difficile, mais n’en interdit pas l’usage.

Ce qu’il manque surtout, ce sont des pistes cyclables entre les différentes villes du Trégor. Cette absence est devenue l’une des luttes de l’association. Selon François le mille-feuille administratif entre le département, la collectivité des communes et les mairies rend la création de zones pour les cyclistes difficile. “Dans certaines routes, il y a des pistes cyclables pour arriver à une ville, mais il n’y en a pas pour rentrer, comme entre Lannion et Saint-Quay Perros.”

François Losfeld raconte l'importance du vélo en sa vie

Ana Lucia raconte les différences entre les pistes cyclables de la France et du Brésil

Des bons chemins

Malgré quelques problèmes d’infrastructure, François Losfeld croit fermement en l’adoption de la bicyclette comme un moyen de transport dans le Trégor. Dans quelques endroits de la région, il existe des tronçons pour installer des pistes cyclables. “À Lannion, par exemple, on peut trouver des bonnes routes pour les cyclistes, comme le rond-point devant l’IUT et des chicanes adaptées avec “bypass” (passage latéral exclusif aux cyclistes). »

La brésilienne Ana Lucia Medeiros a aussi trouvé à Lannion une ambiance adéquate pour l’usage du vélo. Elle pédale presque tous les jours pour aller à son bureau, faire les courses et se rendre à ses cours de danse. “Je voudrais toujours habiter dans une ville où je pourrais utiliser le vélo en toute sécurité. C’est le cas ici”, garantit-elle. Selon Ana Lúcia, les chauffeurs sont très attentifs avec les cyclistes. “La sensation que j’ai est que je contribue à améliorer la circulation. Les gens me regardent heureux quand ils me voient sur mon vélo. Et c’est drôle remarquer les regards des chauffeurs bloqués dans un embouteillage qui me voient passer.”

Le profil des cyclistes lannionais

François, lui, observe que la majorité des cyclistes de Lannion n’ont pas adopté ce moyen de transport pour des questions financières, mais pour le plaisir de pédaler. Comme c’est le cas, par exemple, d’Ana Lucia, qui a décidé laisser sa voiture au garage et a opté pour un style plus sain. “La voiture me crée un stress qui n’est pas nécessaire. Quand j’utilise la bicyclette, je regarde la nature, je respire plus fort, je fais du sport et j’arrive heureuse à mon bureau”, commente la chercheuse.