Avec les voitures sans permis chacun peut circuler sur les routes du Trégor, du moment qu’il ne franchit pas la voie express. Pourtant cela a un coût, rouler à 45km/heure, ce n’est pas donné.

Mickaël a 38 ans et il n’a jamais eu le permis de conduire. Le stress l’a toujours emporté face à l’examinateur. L’année dernière, il décide de s’offrir une voiturette pour pouvoir, enfin, devenir indépendant. C’est souvent ce désir d’indépendance qui poussent les gens à faire le choix de conduire une voiture sans permis. Face à la difficulté croissante de l’examen et au prix qui grimpe en flèche, pas facile de devenir conducteur.

Pour être aux commandes d’une voiturette pas besoin de grand chose. Les personnes nées avant 1988 n’ont besoin de rien, pas même du code de la route. Par contre pour ceux nés après le 1er janvier 1988, il faut désormais le BSR (Brevet de sécurité routière). La voiture sans permis est donc une solution de facilité, qui tend à se démocratiser.

Un marché en expansion

La voiturette reste ancrée dans un marché de niche, comparé aux ventes des voitures classiques. En 2011, Aixam a vendu environ 200 voiturettes neuves dans les Côtes d’Armor.


Le prix d’une voiture sans permis va de 3000 € pour une occasion, à plus de 15 000 €, pour une voiturette neuve.

Une alternative pour les sans permis

Le groupe Aixam est le leader de la voiturette sur le marché européen. Dominique Deveney est le gérant de « Lannion sans permis », un magasin d’Aixam, situé en face du parc St Anne à Lannion. Pour lui, la voiture sans permis est un moyen d’identification pour intégrer la communauté des usagers de la route. C’est vrai qu’à première vue, difficile de voir la différence entre une voiturette récente et une Smart. « La voiturette c’est l’alternative au scooter et aux transports en commun, souvent peu adaptés pour les gens qui travaillent » explique Dominique Devenay.

L’évolution des moeurs

Avant, la voiturette était surtout utilisée dans les campagnes pour faire de courts trajets. Aujourd’hui les usages ont bien changés et les clichés ont évolués. Gérard, 53 ans, n’a jamais obtenu le papier rose non plus, « trop dur, trop cher » résume-t-il. « Ça fait trente ans que je conduis ce type de véhicule, avant on était mal vus par les autres conducteurs, c’est vrai qu’on avance pas vite, mais bon, on a le droit de rouler quand même ! Maintenant, comme il y en a de plus en plus, surtout dans le coin, c’est plus facile, on est respecté ». A prendre en considération la prochaine que vous serez bloqué à 40km/heure derrière une voiturette.