Plus de 4 Français sur 5 le déclarent, les nouvelles technologies (Internet, portable…) sont un atout de poids pour choisir son parcours ou consulter ses horaires de voyage en transports publics. Un chiffre auquel n’échappe pas la Bretagne. Terre d’innovation, la région est l’un des principaux précurseurs de l’hexagone dans ce secteur.

Rennes inaugure l’Open-Data

Ce dynamisme s’explique entre autres par l’orientation de Rennes métropole vers l’Open-Data depuis 2010. Première ville de France à ouvrir ses données au public, la cité rennaise a permis aux développeurs de s’emparer de ces informations pour créer des applications facilitant les déplacements de leurs utilisateurs, comme l’explique Simon Chignard, vice-président de la Cantine numérique à Rennes et spécialiste et président de l’association Bug :

Pour favoriser la multiplication de ces applications, les données publiées doivent répondre à une politique d’intérêt public mise en place par les collectivités. Sans objectif précis, la libération des données s’avère peu utile. « Les acteurs publics doivent d’abord se demander sur quels types de données ils ont besoin de communiquer. Par exemple, si l’objectif est de lutter contre l’isolement des personnes âgées en milieu rural, ils mettront à disposition des développeurs des données ciblées qui créeront des applications adaptées à ces besoins là », souligne Simon Chignard.

Rennes Métropole a bien compris cette nécessité. En 2011, elle organisait le concours « Rennes en accès libre » qui offrait 50 000 € de prix aux développeurs de « services innovants élaborés sur tous types de supports numériques (web, smart phone, téléphone mobile, autres supports) à partir des données publiques non nominatives ayant une dimension territoriale qui sont mises à disposition » sur le site de Kéolia. Ainsi, des applications mobiles comme Transports Rennes et Tout bouge à Rennes ont été créées. Autant d’outils qui modifient les habitudes de déplacement des Bretons comme le précise Simon Chignard :

Des systèmes de transports intelligents (ITS) dans le Trégor

D’autres innovateurs bretons dans le domaine des transports ont bien compris l’apport que pouvait constituer les nouvelles technologies. C’est le cas de la Compagnie armoricaine de transport (CAT) qui a opté en 2005 pour l’utilisation des systèmes de transport intelligents. Chacun de ses 68 véhicules du réseau Tibus est équipé d’un boitier Wimax, intégrant entre autres une antenne GPS pour le géolocaliser, un calculateur avance/retard et un équipement GSM pour communiquer avec la centrale de mobilité. Grâce à ce système, la CAT peut suivre en temps direct le trafic sur le réseau. De même, si un bus a plus de huit minutes de retard, la compagnie en informe directement ses usagers via son site Internet. Un élément non négligeable pour veiller à la ponctualité du trafic. Mais les apports de ce système de la société Kerlink à Lannion ne sont pas les seuls, comme le détaille Valérie Golvan, responsable du marketing et du développement de la CAT :

A Lannion, l’entreprise Haploid s’est elle aussi intéressée au domaine des transports. Mieux, elle a décidé d’innover dans le domaine. En collaboration avec le site de covoiturage RoulezMalin.fr, la PME spécialisée dans le développement d’applications pour smartphone développe actuellement un projet d’application de covoiturage instantanée. Le principe est simple. La personne qui cherche un covoiturage se signale et peut voir si un conducteur passe à proximité de lui. Une méthode plus sûre de trouver un covoitureur, qui ferait presque regretter l’esprit d’aventure de l’autostop.