Un réseau archaïque, des usagers qui se font rares et des plaintes qui ne cessent d’arriver. Force est de reconnaître que le réseau de bus de Lannion a grand besoin d’un coup de jeune. C’est pourquoi Lannion Trégor Agglomération a enfin pris l’initiative de renouveler son réseau de bus TILT, désormais plus accessible aux usagers. De bonnes résolutions qui tombent à pic pour inaugurer cette nouvelle année.

Jacquez Gicquel, élu à LTA responsable des transportsLa communauté d’agglomération, qui à ce jour gère les transports urbains et interurbains de la ville, s’est décidée à optimiser ces services et à les améliorer en simplifiant au maximum le réseau urbain actuel. Renouveler, moderniser tout en simplifiant: tel est le crédo que les élus en charge des transports comme Jaquez Gicquel, ont enfin décidé d’appliquer à un réseau de bus qui commençait, à dater. Des horaires mal gérés, des lignes complexes et mal organisées qui font que le réseau en quatre lignes n’était pas suffisamment utilisé et même inaccessible pour bon nombre d’habitants, dont les étudiants.

« Nous avons lancé une étude sur nos transports après avoir vu ce que faisaient les villes de Concarneau et de Quimperlé. On a du constater que le réseau ne marchait pas très bien. Nous avons donc essayé de travailler sur de meilleurs tracés, des horaires plus adaptés et plus nombreux aussi. »

Et voilà le résultat !

Un réseau urbain :

– Plus simple avec des bus plus nombreux y compris pendant les petites vacances scolaires.

– Plus fluide avec des bus plus fréquents aux horaires de pointes pour favoriser les déplacements domicile-travail.

– Plus pratique avec des bus plus rapides pour relier les quartiers d’habitations, le centre ville et la zone industriel Pégase.

– Plus lisible avec trois lignes urbaines du lundi au vendredi, deux lignes du marché le jeudi et une navette express le samedi.

Et un nouveau service: Navéo, petite navette gratuite, qui arpente le centre tous les quarts d’heure (parkings, gare, Place du centre, Quai d’Aiguillon…), depuis le 2 janvier. Un test grandeur nature qui fera son bilan courant de l’année 2012.

Pour ou contre ?

Si les initiateurs du projet attendent deux-trois mois avant de prendre le pouls de ce qu’ils estiment déjà comme une réussite, les réactions des habitants ne se sont pas faites attendre.

« Charles le Goffic est très mal desservi en 2012. Notre fils ne peut plus utiliser la ligne C ni le matin 8h ni le soir 16h30. L’arrêt de la perception au plus proche du collège doit être rétabli matin et soir. Pourquoi modifier les horaires durant l’année scolaire alors que les plannings et habitudes des familles sont établis ? », s’emporte Sandrine Delisle, parent d’élève.

Bernadette courant, mère de famille se plaint quand à elle de la suppression des bus le samedi. « Depuis janvier, le bus du samedi a été supprimé. Au moins trente personnes prenaient le bus dans la journée du samedi…Depuis nous ne pouvons plus aller au cinéma ou à la médiathèque, à la piscine, ni aller faire nos courses (l’Intermarché de Kerligonan ne comprend pas cette suppression). Les bus sont plus nombreux dans la semaine, donc les usagers vont s’habituer à prendre le bus et le samedi plus de bus. Une pétition circule pour demander que les bus circulent à nouveau le samedi. »

Mais il n’y a pas que les pessimistes qui s’expriment. Tout comme les étudiants de l’IUT de Lannion qui bénéficient désormais d’horaires plus adaptés et d’un nouvel arrêt, Maryvonne Laurent, salariée, se félicite de pouvoir faire des économies sur ses trajets domicile-travail.

« C’est très bien, je laisse désormais ma voiture au garage trois fois par semaine pour me rendre au travail grâce aux nouveaux horaires de la ligne C. Dommage qu’il n’y ait rien entre 12 h et 16 h dans le sens Alcatel-Kerilis. »

Entre mécontentements et soulagements, les seuls arbitres seront les chiffres des ventes de tickets de bus.