Les étudiants étrangers à Lannion souffrent un vrai choc quand ils découvrent son système de transports, qui a rien à voir avec le transport collective d’une grande ville. Ils prennent toujours un peu de temps pour s’adapter à ce grand défaut.

Passer de Madrid et du huitième réseau de métro le plus important du monde à Lannion et son attente de 3 heures pour un bus, peut décourager n’importe qui. Déménager à Lannion représente un énorme changement de style de vie pour la plupart des étudiants étrangers, mais surtout pour ceux habitués à habiter dans une grande ville. Les possibilités de déplacement que proposent des capitales comme Madrid ou Brasilia, ne sont rien en comparaison avec la faiblesse du système de transports collectifs de la capitale du Trégor.

« Il n’y a plus de bus à partir de 18h ! »

« Quand j’habitais à Madrid, j’étais complètement indépendante. Je faisais ce que je voulais à chaque moment, grâce aux transports publics. Habiter à Lannion est synonyme de dépendance aux autres, d’auto-stop et de demande continue de petites services aux amis ». Paola, jeune madrilène, étudiante en journalisme à l’IUT, gesticule et sourit beaucoup quand elle parle. « J’aime bien Lannion et les gens que j’ai connu ici, mais je déteste le système de transports. Il n’y a plus de bus à partir de 18h ! »

Le stop nous rendra sociables.

À Lannion, il faut développer un état d’esprit « zen » . Ce qu’on voudrait faire, comme par exemple une chose aussi simple que d’aller faire ses courses, dépendra souvent du degré d’amitié que l’on aura avec le propriétaire d’une voiture, de l’arrivée providentielle d’un bus ou du fait d’avoir suffisamment de courage pour faire du stop tout seul. Rien n’est garanti et faire des plans en avance sans regarder attentivement la « question du transport » peut amener à une grosse déception.

Si, dans une grande ville, les étudiants étrangers étaient habitués à faire dix activités différentes chaque jour, il faut savoir qu’à Lannion ce ne sera plus possible. Bouger sera tellement plus difficile qu’on profitera de chaque sortie, de chaque activité réalisée, et on se sentira victorieux quand la planification millimétrée et l’étude incessante des horaires de bus porteront leurs fruits.

Mais, comme Felipe, brésilien étudiant de communication, le dit, « les gens à Lannion sont très sympas et quand on fait du stop, ça marche très bien, normalement. »

C’est la facette positive de cette histoire : bouger à Lannion nous fera de plus en plus sociables et nous perdrons notre anonymat de mégalopole.

Photos Paola et Felipe: Lucia Valentin Rodenas

Photo Madrid: Cesar Picks

Photo Lannion: Joel Abroad